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lundi 3 octobre 2016, par Admin

Noémie Mermet, "Lors de mes entretiens pour des post-doctorats à l’étranger, deux choses ont été remarquées : indéniablement les articles publiés, et ma participation à MT180 !"

Lorsque j’ai commencé ma thèse, je suis tombée par hasard sur des vidéos du concours « Ma thèse en 180 secondes » au Canada. J’ai de suite trouvé l’exercice formidable. Quoi de mieux pour s’approprier son sujet que de l’expliquer en termes simples, ce qui fait bien souvent défaut aux scientifiques. Je me suis alors empressée d’écrire à notre directeur de l’école doctorale afin de proposer un exercice similaire au sein de notre université. Et quelle chance ! L’association Doct’Auvergne pour les doctorants auvergnats était justement dans les préparatifs de la première édition du concours au niveau régional. C’est donc sans hésiter que je me suis lancée dans l’exercice. A ce moment là, j’avais commencé ma thèse depuis à peine six mois et la préparation de mon speech m’a fait prendre un recul énorme sur la finalité de mon projet de recherche : comprendre à l’échelle cellulaire comment une simple stimulation tactile normalement indolore peut provoquer une douleur insupportable, autrement dit, étudier les circuits sous-jacents de l’allodynie.

A ce moment là, j’étais loin de m’imaginer que ce concours me projetterait en finale nationale à Lyon, puis en finale internationale à Montréal.

J’ai toujours été attirée par la vulgarisation scientifique. Malheureusement, c’est une perle encore trop rare dans le monde de la science, du moins dans la francophonie. Ma démarche n’a pas toujours été bien comprise pas mes pairs, m’accusant de « perdre mon temps » : Leur crédo ? Science ou communication, il faut choisir. Dans le cadre du concours, j’ai rencontré des doctorants formidables, dont certains ont délaissé la paillasse pour s’investir dans la vulgarisation. Je pense notamment à Marie-Charlotte qui s’est faite remarquée par un metteur en scène grâce à son humour décapant et s’est lancée dans une pièce de théâtre « Tout le monde descend… », ou encore à Renaud qui anime aujourd’hui des émissions de vulgarisation sur RadioCanada. De mon côté, je suis bien trop attachée à la blouse blanche pour laisser tomber la science, malgré les difficultés évidentes d’être chercheur en France.

Toutefois, j’ai choisi…de ne pas choisir, et de poursuivre ma carrière de chercheur tout en vulgarisant la science.

Ainsi, pendant ma thèse, j’ai donné des conférences, participé à des événements de vulgarisation scientifique (semaine du cerveau, Exposciences, etc), été chroniqueuse d’une émission mensuelle sur RadioCampus, en plus de donner des cours à l’université !

Aujourd’hui, ma thèse touche à sa fin, et mon sujet de recherche a bien évolué. Je m’intéresse toujours aux neurones impliqués dans l’allodynie, mais j’ai focalisé mon attention sur le développement de ces neurones en période néonatale. J’ai récemment publié un article sur ce sujet dans le journal Developmental Neurobiology, et j’écris actuellement deux autres articles qui seront soumis en fin d’année.

Lors de mes entretiens pour des post-doctorats à l’étranger, deux choses ont été remarquées : indéniablement les articles publiés, et ma participation à MT180 !

Elle a intriguée des chercheurs danois qui m’ont proposé un poste dans leur équipe. J’attends désormais un financement qui, je l’espère, me permettra d’intégrer le monde de la recherche au Danemark, où je continuerai, c’est promis, de diffuser la science au grand public.

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